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Niger : des chercheurs de l’UAM transforment l’eau du fleuve en eau potable grâce à l’énergie solaire
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Niger : des chercheurs de l’UAM transforment l’eau du fleuve en eau potable grâce à l’énergie solaire

À l’occasion de la 10ᵉ édition du Salon Africain de l’Invention et de l’Entreprise Innovante, SAIIT, les chercheurs de la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey présentent un dispositif de potabilisation à faible coût, pensé pour les populations rurales.

Dans un pays où l’accès à l’eau potable reste un enjeu quotidien pour de nombreuses communautés, notamment en milieu rural, une équipe de l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey a choisi de miser sur la simplicité. À l’occasion de la 10ᵉ édition du SAIIT, les chercheurs de la FAST y exposent une invention destinée à traiter l’eau du fleuve ( et eaux de surfaces)  pour la rendre consommable, avec pour seule source d’énergie le soleil.

Un procédé fondé sur l’électrocoagulation

Le dispositif repose sur une technique bien connue des spécialistes du traitement de l’eau : l’électrocoagulation, associée à la floculation. Concrètement, un courant électrique, fourni par un panneau solaire, est appliqué à l’eau de surface via des électrodes. Celles-ci libèrent des ions métalliques qui agglomèrent les particules en suspension et certaines impuretés dissoutes, formant des flocons plus faciles à retenir. L’eau passe ensuite par une étape de filtration à l’aide d’un simple filtre en coton.

« Cette production se fait dans un temps de 15 à 20 minutes, et vous pouvez avoir une eau consommable », résume Salifou Djibrilla Hassan, doctorant en deuxième année de thèse à l’école doctorale des sciences exactes de l’UAM. Le Pr Laouali Maman Sani, du département de chimie de la FAST, précise pour sa part que l’opération prend au maximum 15 minutes et permet de produire une quantité d’eau « assez considérable ».

Un système pensé pour être accessible

Ce qui distingue cette innovation, c’est son accessibilité. Selon le Pr Laouali Maman Sani, le laboratoire de chimie des eaux s’est donné pour mission de trouver des solutions aux problèmes du Niger, avec des méthodes « très simples, très pratiques, à moindre coût », destinées avant tout au monde rural.

Le matériel nécessaire tient en peu de choses : un panneau solaire de faible puissance, un seau et des électrodes, que l’on peut se procurer facilement à Niamey. « Un système qui ne coûte pratiquement rien du tout et ne demande que l’énergie solaire », insiste le chercheur. Cette sobriété répond à un objectif clair : permettre aux populations de reproduire elles-mêmes la technique, sans dépendre d’une assistance extérieure.

Une expérimentation dans cinq villages

Le dispositif n’est pas resté au stade du laboratoire. Grâce au soutien de SwissAid, il a été testé dans cinq villages du département de Kollo, région de Tillabéri, selon l’équipe. Ces essais en conditions réelles ont encouragé les chercheurs à poursuivre leurs travaux, afin de mettre au point des techniques toujours plus accessibles et moins coûteuses.

Les jeunes chercheurs, moteurs du projet

Au-delà de la technologie, l’initiative est aussi une aventure humaine pour les étudiants qui y participent. Soumana Haousseyze Aichatou, étudiante en master de biochimie, parcours production et valorisation des substances naturelles, au laboratoire de chimie des eaux, confie que ce qui l’a le plus marquée est de voir que la recherche peut être « profitable à la population », en permettant de produire de l’eau potable pour des personnes qui n’y ont pas accès.

Jacques Maurice Rabaha, étudiante en master de chimie évoque une « belle expérience » qui dépasse le cadre académique. Son passage au laboratoire la pousse à aller plus loin et à explorer d’autres méthodes de production d’eau de consommation, plus faciles d’accès, « surtout pour les villageois qui n’ont pas la chance d’avoir de l’eau potable facilement ».

Un appel à l’accompagnement

Les chercheurs ne cachent pas leurs besoins. « La recherche demande beaucoup d’argent et de temps », rappelle le Pr Laouali Maman Sani. L’équipe ne demande pas un appui en espèces, mais un soutien en nature; que les partenaires, institutions et bailleurs répondent aux besoins exprimés en matériel et en produits chimiques.

L’UAM, engagée pour l’eau et le développement durable

Par cette contribution au SAIIT, l’UAM illustre son engagement en faveur de la recherche appliquée et de solutions scientifiques capables de répondre aux enjeux d’accès à l’eau potable et de développement durable au Niger. Dans un contexte où l’eau de surface est souvent la seule ressource disponible pour de nombreux villages, des innovations de ce type, locales, peu coûteuses et alimentées par une énergie abondante, pourraient contribuer à réduire le fardeau des maladies d’origine hydrique et à améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales.

Faride Boureima

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